Réunir des affiches éditées depuis le début du siècle et tenter de comprendre ceux qui les ont conçues en révélant les messages destinés à plusieurs générations d’épargnants, voilà le but de cette exposition. Sous le titre de « l’Épargne à l’Affiche » cette exposition vous invite à découvrir les arguments utilisés par les organismes collecteurs de fonds auprès du public et les symboles qu’ils ont été amenés à développer pour convaincre la population.
Apporter son argent, c‘est faire confiance et le label confiance a été traité sous des formes qui représentaient des mentalités que l’on voit évoluer avec surprise parfois.
Les affiches d’hier ont un air de prière, celles d’aujourd’hui parlent plus de chiffres, pourcentages ou rendement. En 1920, l’argent était collecté au nom du devoir, de la Patrie et pour des notions humaines de qualité, impliquant la générosité ou l’entraide ; 70 ans après, les affiches disent presque : « si vous souscrivez à la Banque Untel, vous obtiendrez un pin’s ! ».
Faut-il s’étonner, condamner, regretter le temps des symboles multipliés à l’excès sur des affiches très riches en détails : couronnes de lauriers, cornes d’abondance, bas de laine, soleil levant, croissance du blé, ou production de la terre agricole, etc. ?
Certainement pas, diront les épargnants qui ont trop souvent été spoliés dans le passé et qui aujourd’hui, s’intéressent plus au concret garanti, avec moins de fioritures graphiques. Le résultat est souvent déplorable sur le plan esthétique car l’affiche moderne perd en qualité d’œuvre d’art, mais n’en rend que plus intéressantes les affiches anciennes signées Sem, Poulbot, Steinlen, Orsi, Capiello, Broders, Colin, Savignac, etc.
Pour éviter toute polémique, il conviendrait de dire que les relations passées entre les émetteurs et les souscripteurs, ont fait souvent l’objet « d’un grand malentendu ».
Combien d’épargnants ont été ruinés pour avoir apporté tout leur or contre du papier ? Combien de souscripteurs ont fait confiance aux emprunts Russes ?
Depuis 1967, des procédures de contrôle et de protection de l’épargnant ont moralisé les rapports entre ceux qui apportent leur argent et ceux qui le collectent et les relations sont certainement plus honnêtes, car l’information porte moins sur l’apparence, mais davantage sur le fond.
L’épargne étant une matière tellement fragile et tellement indispensable au bon fonctionnement d’une Économie, que l’on ne peut que se réjouir de l’amélioration de la vérité dans l’affichage des perspectives de rendement présentées aux petits épargnants. Il reste à espérer que les artistes de renom, les dessinateurs de talent, ou les photographes de génie, persévèrent dans l’intérêt qu’ils ont porté à l’affiche financière, pour que les observateurs du siècle prochain continuent d’apprécier de belles affiches pour des épargnants heureux.

Sur les 1000 affiches de la collection, les pièces qui ne peuvent être exposées sont visibles sur un panneau vidéo déroulant abordant les thèmes suivants :

  1. Les grandes causes nationales
  2. La place des enfants dans la publicité financière
  3. La place des femmes dans la collecte de l’épargne,
  4. Les affiches des émetteurs régionaux,
  5. Les affiches internationales pour collecter des fonds
  6. Les affiches sur l’épargne contestataire ou satirique,
  7. L’évolution des slogans et arguments sur 1 siècle

 

Contrairement à la culture Anglo-saxonne, la culture judéo-chrétienne européenne a fait de l’argent un tabou.

La Maison de l’Épargne cherche aussi par l’image, à éclaircir les fonctionnements de cette relation.

L’exposition d’affiches est gratuite.

Le Money Bar et galerie d’exposition sont ouverts au public :
– le lundi et le vendredi de 16 h à 23 h
– le mardi, mercredi et jeudi de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h
– le samedi et dimanche de 14 h à 23 h.